La crainte qui revient le plus souvent avant une journée de constellations familiales en groupe n’a souvent pas grand chose à voir avec l’histoire familiale. Elle peut porter sur le regard des autres. « Je vais me retrouver au centre de l’attention. » « Tout le monde va connaître ma vulnérabilité. » « Je vais être jugée. » « Je vais devoir me mettre à nu devant des inconnus. » « J’ai peur de parler en public. » « J’ai honte. »
Ce qui parle alors, c’est notre personnalité, celle qui s’est construite sur la protection et la défense, sur le fait de répondre aux attentes des autres : d’abord nos parents, puis les professeurs, puis dans notre travail. Elle a peur de montrer qui nous sommes réellement.
Or une Constellation familiale est un voyage de l’âme. Toutes les personnes présentes éprouvent exactement les mêmes craintes, et c’est ce qui les rend solidaires. Elles sont surtout dans une empathie et une compréhension profondes, parce qu’en représentant les membres d’une famille, elles vont éprouver dans leur propre corps ce qui s’y joue.
Voici ce qui se passe réellement, du matin au soir.
Arriver sans rien préparer
Nous nous retrouvons à partir de 9h30. Chacun se présente, dans la bienveillance, et rien de plus n’est demandé que d’être là. Vous n’avez pas besoin de connaître les secrets de votre famille, ni d’avoir lu quoi que ce soit.
J’explique ensuite les lois qui régissent tout système familial, et les codes qui s’y transmettent. Ce sont eux qui permettent de comprendre ce qui va se dérouler sous vos yeux.
Quelles sont les trois lois d’un système familial ?
L’inclusion. Nul ne peut être exclu. Ni les morts jeunes, ni les premiers époux, ni les enfants illégitimes, ni l’oncle parti en Amérique dont on ne parle plus. Un membre exclu devient comme un fantôme : on ignore jusqu’à son existence, mais sa présence reste tangible à travers son destin, qu’un descendant portera inconsciemment sur ses épaules.
Le donner et le recevoir. Les relations s’équilibrent quand ce qui circule est équivalent. Il existe une exception : les parents donnent à leurs enfants, qui donneront à leurs propres enfants, comme une cascade qui descend d’une montagne. Ce n’est pas aux enfants de combler les manques de leurs parents.
La juste place. La mère nourrit et protège au sein du foyer, le père porte l’enfant dans le monde et le sécurise. Quand les places s’inversent, tout le système se déséquilibre.
L’héritage des traumatismes
Tout ce qui n’a pas été élaboré par nos parents, nos grands-parents, nos ancêtres, se transmet aux descendants. Et avec l’événement se transmettent aussi toutes les convictions qui se sont créées au moment où il a eu lieu. Ces convictions deviennent des codes familiaux limitants.
Une arrière-grand-mère maltraitée par un mari alcoolique transmettra un corps féminin sur la défensive, la soumission de la femme, un code patriarcal, le pouvoir placé dans les mains des hommes, la défiance envers les hommes, le fait d’être malheureuse en amour.
Comment peut-on représenter la famille de quelqu’un qu’on ne connaît pas ?
C’est la question que tout le monde se pose avant de venir. La réponse tient à une hypothèse que le biologiste Rupert Sheldrake a proposée, le champ morphogénétique : les membres d’une même espèce recevraient simultanément des informations, comme les oiseaux qui volent à l’unisson. Il en irait de même pour les membres d’une lignée, qui partageraient un champ de conscience commun.
Ce champ se crée dans le groupe. Les personnes présentes reçoivent alors les informations contenues dans la conscience collective de la famille, et c’est le corps qui sert d’antenne. Cela s’exprime par une envie de bouger, d’aller vers quelqu’un, de s’asseoir, ou par une petite douleur, une peur, une grande tristesse, une colère. Ces informations sont précisément celles dont la constellation a besoin : elles font apparaître l’image que forme la famille, par exemple devant un enfant décédé dont le deuil n’a jamais été fait, et elles indiquent quels mouvements réparateurs sont à effectuer.
Une participante s’est mise à trembler pendant une constellation, sans comprendre pourquoi. Elle représentait une femme qui avait été battue par sa mère, et le tremblement est apparu au moment précis où la représentante de cette mère est entrée dans le cercle.
Faut-il obligatoirement consteller ?
Non. Il y a trois places possibles, et les trois travaillent.
Vous pouvez consteller, c’est-à-dire venir avec votre propre thème et voir quelle est l’origine du problème apporté afin d’effectuer les mouvements réparateurs et créer une nouvelle image équilibrée.
Vous pouvez observer les Constellations familiales des autres membres du groupe.
Vous pouvez accepter de représenter le membre de la famille d’une autre personne.
Les groupes ne se forment pas par hasard. On y retrouve souvent des blessures communes : l’abandon, l’exclusion, la trahison, le sentiment de ne pas être à la hauteur. Le mouvement réparateur de l’autre effectue un mouvement réparateur à l’intérieur de soi. Et l’on répare, au fur et à mesure des constellations.
Le déroulé de la journée
La matinée commence par les présentations, puis par l’explication des lois et des codes familiaux.
Viennent ensuite des exercices qui permettent d’expérimenter concrètement le champ morphogénétique. Ils ont une raison d’être précise : mettre tout le monde à l’aise et faire passer le cap du « je n’y arriverai pas ». Tout le monde y arrive. Et ne rien ressentir est en soi une information : cela exprime la dissociation de la personne que l’on représente, ou son insensibilité, la fermeture de son cœur.
Les constellations commencent alors. Une pause et une collation restent à disposition. Selon le lieu, le déjeuner peut se prendre ensemble sur place, chacun apportant son repas, ou à l’extérieur : les précisions sont données aux inscrits quelques jours avant. L’après-midi reprend jusqu’à la fin de journée, vers 17h30.
Rien n’est forcé. Il n’y a rien à réussir, rien à prouver, juste à laisser émerger ce qui demande à être vu.
Ce que l’on emporte en repartant
Toutes les personnes présentes, qu’elles aient fait ou non leur propre constellation, repartent après avoir travaillé sur elles-mêmes de manière intensive.
Elles ont pris conscience d’une quantité d’informations, elles ont expérimenté par elles-mêmes, elles ont touché du doigt l’existence de ce qui n’est pas tangible, l’énergie. Et elles repartent avec une nouvelle perspective, un autre regard sur elles-mêmes, sur leur famille et sur les autres.
Ce qui me touche le plus est de les voir arriver en inconnus et repartir unis par un lien profond, créé en une seule journée.
Participer à une journée de Constellations Familiales
Les journées de constellations familiales de groupe ont lieu régulièrement à Saint-Malo et aux alentours. Toutes les informations et les prochaines dates se trouvent ici.
Je me déplace également partout en France dès qu’un groupe d’une dizaine de personnes se constitue et qu’une personne se charge de l’organisation sur place. Écrivez-moi si vous souhaitez en accueillir une.
Si vous préférez explorer dans l’intimité, la constellation familiale individuelle se pratique au cabinet avec des figurines, ou en visio à partir de votre arbre généalogique.
Les Constellations Familiales et la Métamédecine ne se substituent pas à un suivi médical ou psychologique.

